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Pourquoi le Sud-Ouest attire-t-il tant de nuisibles ?
Il en existe des nuisibles du Sud-Ouest, plus que vous ne pourriez le penser. Sous l’effet conjugué d’un climat océanique tempéré, d’hivers rarement rigoureux et d’un parc immobilier mêlant maisons de pierre, résidences récentes et bâtis à colombages, la région offre des abris variés aux organismes opportunistes. La logistique agro-alimentaire et viticole, très développée, constitue un autre vecteur d’introduction. Comprendre ces facteurs aide à cibler les actions de prévention et à justifier les politiques publiques de surveillance.
Le moustique tigre en est l’illustration parfaite : détecté pour la première fois dans l’Hexagone en 2004, il colonise désormais 81 départements en métropole, dont la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne. Même logique pour le frelon asiatique, dont le nombre de nids recensés a bondi de 74 % en 2024 par rapport à 2023 selon la DRAAF ; la Nouvelle-Aquitaine figure régulièrement dans le trio de tête des signalements.
Rongeurs : rats et souris, acteurs invisibles mais omniprésents
Bordeaux, Pau ou Mont-de-Marsan possèdent toutes un réseau d’égouts ancien et ramifié ; c’est l’autoroute souterraine des rongeurs. Au-delà des dégâts matériels, l’enjeu sanitaire domine : leptospirose, salmonelloses, allergènes… Les collectivités dépensent chaque année plusieurs millions d’euros pour la dératisation, sans pour autant éradiquer totalement ces hôtes persistants.
Santé publique France rappelle que les rongeurs – principalement le rat brun – constituent le réservoir naturel de Leptospira interrogans. L’incidence annuelle a doublé depuis 2014 pour atteindre environ 600 cas en 2023, soit 1 cas pour 100 000 habitants ; les activités de plein-air après fortes pluies sont les plus à risque.
Après avoir constaté leur présence, trois indices servent de boussole :
- Bruits nocturnes dans les cloisons ou les combles
- Traces grasses et excréments de forme « capsule »
- Câbles rongés laissant apparaître le cuivre
Ces marques, couplées à l’obligation de ne pas nourrir les animaux errants (article 120 du Règlement sanitaire départemental), fournissent le cadre réglementaire qui autorise les maires à imposer des traitements collectifs.
Moustiques et autres insectes piqueurs : l’essor du moustique tigre
Des terrasses de Toulouse aux vignes de Saint-Émilion, le chant du grillon n’est plus seul à troubler les soirs d’été. Le moustique tigre, Aedes albopictus, allonge la saison de piqûres et multiplie les alertes dengue ou chikungunya. Sa capacité à survivre aux hivers moyens de 8 °C le rend désormais quasi permanent dans le sud-ouest.
L’Anses recense 81 départements colonisés en 2025 et 45 % de la population hexagonale est exposée au risque arboviral AnsesAnses. Sur le portail officiel Signalement-moustique, la Gironde compte plus de 300 communes classées « colonisées » depuis la mise à jour du 11 juillet 2025 signalement-moustique.anses.fr.
Avant d’envisager les larvicides, quelques gestes simples – suppression des soucoupes, entretien des gouttières, couvercles sur récupérateurs d’eau – éliminent jusqu’à 70 % des gîtes urbains selon les observatoires régionaux.
Termites : un risque structurel pour les maisons du Sud-Ouest
L’humidité des sols argilo-calcaires, l’usage fréquent du bois dans la charpente et la proximité des forêts landaises font du Sud-Ouest une zone rouge pour les insectes xylophages. Les dégâts, invisibles au départ, peuvent conduire à un effondrement partiel de plancher en moins de cinq ans.
Le Code de la construction impose, dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, une barrière physique ou physico-chimique pour tout permis déposé après le 1ᵉʳ novembre 2007. L’occupant est en outre tenu de déclarer toute infestation en mairie. À Bordeaux Métropole, plus de 7 000 diagnostics termites sont réalisés chaque année avant vente immobilière ; un chiffre en progression continue.
| Risque | Obligation légale | Texte de référence |
| Infestation termites | Déclaration en mairie | Loi nᵒ 99-471 du 8 juin 1999 |
| Construction neuve | Barrière anti-termites | Décret nᵒ 2006-591 |
Fourmis envahissantes : plus qu’une simple gêne
On les pense inoffensives, pourtant certaines fourmis détournent l’équilibre écologique et grignotent la quiétude domestique. La fourmi d’Argentine (Linepithema humile), identifiée par le Muséum national d’Histoire naturelle, colonise déjà les zones littorales atlantiques et remonte la vallée de la Garonne.
Le portail INPN classe L. humile parmi les espèces exotiques envahissantes à impact fort sur la biodiversité. Ses « super-colonies » privent les insectes pollinisateurs de leur habitat et s’introduisent dans les cuisines en quête de sucre. Face à elles, l’éradication reste lourde ; la prévention repose sur la maîtrise des végétaux et l’étanchéité des joints de façade.
Puces : les petits parasites qui inquiètent la santé publique
Moins visibles que les moustiques, les puces n’en sont pas moins problématiques. Elles nichent dans les textiles, sautent sur les animaux domestiques, piquent volontiers l’humain et peuvent transmettre des rickettsioses telles que le typhus murin ; un sujet suivi de près par Santé publique France.
Une expertise de l’agence nationale souligne le rôle de la puce du rat Xenopsylla cheopis dans la chaîne de transmission du typhus murin et formule des recommandations de surveillance territoriale. Dans les zones côtières humides, chaque foyer devrait laver à 60 °C les textiles infestés et traiter les animaux, conformément aux recommandations vétérinaires validées par l’Anses.
Guêpes, frelons européens et frelons asiatiques : des nuisibles volants à risque
La saison apicole tourne parfois à la course d’obstacles entre piqûres douloureuses et ruchers décimés. Les guêpes solaires et le frelon européen restent localement gênants ; le frelon asiatique, lui, inquiète par son appétit pour les abeilles et le volume de ses nids sphériques.
Frelon asiatique : un enjeu apicole et sanitaire
Depuis son introduction accidentelle, Vespa velutina a essaimé dans l’ensemble des départements aquitains. Les signalements explosent, mettant les pompiers sous tension et les apiculteurs sur le qui-vive.
La DRAAF dénombre 9 546 nids au 31 octobre 2024, contre 5 478 un an plus tôt, soit une hausse de 74 %. Les piqûres multiples, bien que rares, peuvent provoquer des chocs anaphylactiques. Les pièges sélectifs à base de phéromones font partie des solutions recommandées, mais la destruction professionnelle du nid reste la mesure prioritaire.
Blattes et cafards : signaux d’alarme pour l’hygiène domestique
Le soir venu, une blatte sur le plan de travail rappelle qu’un logement, même propre, peut devenir zone d’infestation. Les blattes germaniques ou orientales véhiculent salmonelles, staphylocoques et allergènes. Leur simple présence justifie une intervention rapide.
Le ministère de la Santé a rappelé, dans son communiqué du 5 décembre 2023, les dangers liés à l’emploi d’insecticides interdits et appelle à privilégier les méthodes mécaniques et les gels homologués. Les collectivités et bailleurs sociaux doivent veiller à l’entretien des gaines techniques, d’autant que les blattes migrent d’un appartement à l’autre via les colonnes d’évacuation.
Punaises de lit : alerte sur les vacances
Enfin, si vous partez en vacances ou que vous revenez de séjour, prudence dans vos tissus. Malgré une lumière médiatique aujourd’hui révolue, la punaise de lit reste un nuisible particulièrement actif tout au long de l’année. Chez Interventions Nuisibles, nous dénombrons encore plus d’une dizaine d’appels mensuels sur ce sujet dans le Sud Ouest de la France, nécessitant un traitement rigoureux et contraignant pour la personne touchée.
Comment réduire les nuisibles du Sud-Ouest chez soi tout en respectant la réglementation
La lutte passe autant par des gestes quotidiens que par le respect des arrêtés municipaux. Avant de sortir l’arsenal chimique, un diagnostic ciblé et des mesures d’exclusion suffisent souvent à faire baisser les populations.
Après avoir identifié l’espèce, suivez le triptyque assainir, empêcher, traiter :
- Assainir : éliminez les sources d’eau stagnante, ventilez les caves et videz les poubelles fermées ; vous réduisez ainsi la capacité reproductive de nombreux nuisibles.
- Empêcher : moustiquaires, grilles anti-rongeurs de 5 mm, joints silicone étanches sur seuils de porte bloquent l’accès.
- Traiter : en dernier ressort, faites appel à des produits ou prestataires agréés, garants du respect des réglementations biocides et du Règlement sanitaire départemental. Les mairies peuvent, par arrêté, imposer des campagnes collectives de dératisation ou de désinsectisation dans les zones à risque.
En conjuguant vigilance citoyenne et exigences réglementaires, le Sud-Ouest peut conserver son art de vivre… sans ses locataires indésirables.
Quels sont les nuisibles du Sud-Ouest de la France ?
Dans le Sud, entre les Pyrénées, l’Océan Atlantique et jusqu’à la Garonne, on trouve un grand nombre de nuisibles classiques en Europe. Rats, moustiques, frelons, termites, puces ou encore fourmis sont ainsi présents, de même que les nouvelles espèces invasives (moustiques tigres, frelons asiatiques…).
Puis-je traiter un nuisible tout seul ?
Techniquement, oui. Cependant, la plupart des traitements faits maisons ne servent qu’à repousser le nuisible sans l’éliminer. Cela peut conduire, à terme, à un surcoût massif, au travers d’une intervention professionnelle plus importante qu’initialement requis.
Y a t-il de nouveaux nuisibles ?
Oui. Au cours des 20 dernières années, le Sud Ouest de la France a vu s’implanter le moustique tigre ou encore le frelon asiatique. Depuis quelques années, la côte Basque est aussi concernée par l’apparition d’une supercolonnie de fourmis d’Argentine, une espèce particulièrement invasive.




